Impressions et paysages

le

Rayon poésie. Mais pas exactement.

Je n’ai pas de version bilingue. Tout en traduction, donc, page 104.

je m’approchai de lui et nous parlâmes. La conversation repris sur la musique :
« Vous aimez beaucoup la musique? » lui demandai-je.
Il sourit aimablement et répondit:
« Plus que vous ne pouvez l’imaginer, mais je l’ai abandonnée parce qu’elle allait m’envoûter. C’est la luxure même… Laissez moi vous donner un conseil… Abandonnez-là si vous ne voulez pas connaître une vie d’enfer. Tout en elle est trompeur… Maintenant, ma seule musique, c’est le chant grégorien… »
Puis nous parlâmes d’autre choses. Le religieux était un homme de grand coeur et d’une érudition extrême.
« Comme on voit bien, lui dis-je, que vous avez été un homme du monde…
— Trop! s’écria-t-il avec tristesse. Mais moi que les hommes ont tant fait souffrir, j’ai trouvé ici un refuge de sérénité et de paix. Maintenant me voilà vieux et je n’ai plus d’illusions, je veux mourir ici… »
Le religieux me dit qu’il a été l’ami inséparable du génial Dario Regoyos et que parmi ceux qui, actuellement, viennent lui rendre visite au monastère, figurent Zuloaga et Unamuno… Dans une bibliothèque vitrée, il garde quelques unes des cocottes en papier que fait pendant ses loisirs le grand penseur de Salamanque. Véritablement, cet artiste bénédictin est un homme admirable.

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Impressions et paysages. Federico Garcia Lorca. Trad. de l’espagnol non signée.
Gallimard. L’imaginaire. 1958 pour la traduction.
Chez l’éditeur

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