Le Second Livre des Amours

Il est tout au début des classiques, au milieu de la bibliothèque. Le dos et une partie des plats ont jauni. Mais c’est une jolie édition savante.

J’ouvre, au hasard, page 108.

LXXXI

Amour voulut le corps de cette mouche prendre,
   Qui fait courir les bœufs en esté par les bois,
   Puis il choisit un trait de ceux de son carquois,
   Qui piquant sçait le mieux dedans les cœurs descendre.
Il eslongna ses mains, et feit son arc estendre
   En Croissant, qui se courbe aux premiers jours du mois,
   Puis me lascha le trait, contre qui le harnois
   D'Achille ny d'Hector ne se pourrait défendre.
Après qu'il m'eut blessé, en riant s'en-vola,
   Et par l'air mon penser avec luy s'en-alla.
   Penser, va-t'en au ciel la terre est trop commune.
Adieu, Amour, adieu, adieu penser, adieu:
   Ny l'un ny l'autre en moy vous n'aurez plus de lieu:
   Toujours l'un me maistrise, et l'autre m'importune.

bar-1845

Le second livre des amours. Pierre de Ronsard. Édition critique d’Alexandre Micha, de l’Université de Strasbourg.
Librairie Droz (Genève) et Librairie Giard (Lille). 1951.
Le livre, dans cette première édition, est disponible chez Droz moins cher qu’en occasion.

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