Albert Einstein, créateur et rebelle

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Autour des sciences. Dans la bibliothèque, tout à fait à droite, assez haut.

J’ouvre page 71:

Où suis-je? Comment est-ce que je me déplace? Ces questions primordiales, qui sont au départ de la relativité, réservent bien des surprises. Imaginez les émotions qu’elles pouvaient susciter chez l’homme primitif et jusque dans ses rêves : le cauchemar d’être perdu dans la jungle, saisi de panique, fuyant à l’aveuglette des dangers invisibles, et le soulagement de se réveiller sain et sauf dans sa caverne, au repos chez soi, avec des réponses à toutes ces questions…
Réponses trop commodes, pourtant. Et que firent des gens plus civilisés, tels ces ecclésiastiques qui, dans le calme de leur cloître, croyaient à une Terre immobile autour de laquelle tournait le reste du monde, tant physique que spirituel? Eux aussi donnèrent des réponses trop faciles. Mais Copernic, puis Kepler et Galilée enseignèrent l’hérésie d’une Terre en mouvement, et les religieux terrifiés se défendirent par la répression. Car si la Terre tourne, cela veut dire que l’homme est détrôné de la place centrale qu’il occupait dans leur système conceptuel. Plus tard, l’hérésie s’aggrava. Et si la Terre, notre mère à tous, n’est plus qu’un grain de poussière itinérant, perdu dans l’immense étendue de l’univers, où est le cloître? Où est la caverne? Et comment tout cela se déplace-t-il?
Avec Platon et Aristote, l’homme avait longtemps cru que les cieux étaient soumis à des lois toutes différentes de celles qui sont en vigueur ici-bas; et avec quelque apparence de raison, puisque si la Lune tourne, la pomme tombe!
Mais, en 1687, Newton termina ses Principia, le plus grand ouvrage de science de tous les temps. Il y liait le ciel et la Terre en une puissante synthèse : pomme et Lune, comme tous les autres objets de l’univers matériel, obéissaient aux mêmes lois élémentaires, empruntaient inexorablement les chemins qui leur étaient désignés, et faisaient partie d’un seul vaste mécanisme.

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Albert Einstein, créateur et rebelle. Banesh Hoffmann, avec la collaboration d’Hélène Dukas. Traduit de l’américain par Maurice Manly.
Editions du Seuil. Points Sciences.
Recension chez Babelio.

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