Satire seconde

le

Littérature avant Proust, rayon XVIIIe siècle.

Cher Diderot. J’ouvre page 146:

Lui.— Je vous y prends. Diogène a donc aussi dansé la pantomime ; si ce n’est devant Périclès, au moins devant  Laïs ou Phrynée.
Moi.— Vous vous trompez encore. Les autres achetaient bien cher la courtisane qui se livrait à lui pour le plaisir.
Lui.— Mais s’il arrivait que la courtisane fût occupé, et le cynique pressé?
Moi.— Il rentrait dans son tonneau, et se passait d’elle.
Lui.— Et vous me conseilleriez de l’imiter?
Moi.— Je veux mourir, si cela ne vaudrait mieux que de ramper, de s’avilir, de se prostituer.
Lui.— Mais il me faut un bon lit, une bonne table, un vêtement chaud en hiver ; un vêtement frais, en été ; du repos, de l’argent, et beaucoup d’autres choses, que je préfère de devoir à la bienveillance, plutôt que de les acquérir par le  travail.
Moi.— C’est que vous êtes un fainéant, un gourmand, un lâche, une âme de boue.
Lui.— Je crois vous l’avoir dit.
Moi.— Les choses de la vie ont un prix sans doute ; mais vous ignorez celui du sacrifice que vous faites pour les obtenir. Vous avez dansé, vous dansez et vous continuerez de danser la vile pantomime.

(plus connu sous le titre « Le Neveu de Rameau »)

bar-2401

Satires. Denis Diderot.
Club des amis du livre progressiste. 1963.
Un exemplaire par ici.

 

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