Jeu et théorie du duende

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Avec les poètes, nouveau rayon ouest.

Pages 24/25:

Una vez la cantaora andaluza Pastora Pavón, La Niña de los Peines, sombrio genio hispanico, equivalente en capacidad de fantasia  a Goya  o a Rafael  el Gallo, cantaba en una tabernilla de Cadiz. Jugaba con su voz de sombra, con su voz de estaño fundido, con su voz cubierta de musgo; y se la enredaba en la cabellera o la mojaba en manzanilla o la perdia  por unos jarales obscuros y lejanisimos. Pero nada; era inútil. Los oyentes permanecian callados.

Un jour, la chanteuse andalouse Pastora Pavón, La Niña de los Peines, sombre génie hispanique, d’une capacité de fantaisie équivalente à celles de Goya ou de Rafael el Gallo, chantait dans un petit cabaret de Cadix. Elle jouait de sa voix d’ombre, de sa voix d’étain en fusion, de sa voix couverte de mousse des bois, et elle l’emmêlait dans sa chevelure ou elle la trempait dans du vin de manzanilla, ou elle la perdait dans des labyrinthes obscurs et très lointains. Mais rien ne se passait; pas le moindre effet. Le public ne réagissait pas.

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Jeu et théorie du duende. Federico Garcia Lorca. Traduit de l’espagnol par Line Anselem.
Editions Allia. 2015. Edition bilingue.
Chez l’éditeur

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