A noir

Rayon poésie, mur ouest. Étagère du bas – les commentateurs (ceux qui sont aussi poètes).

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J’aimais les peintures idiotes

Il faut comprendre que le vertige n’est pas d’abord dans ce qui est vu. Il s’agit en premier lieu d’une disposition (dysposition?) du corps. L’enfant qui tourne le bras fait la toupie. Progressivement, et de plus en plus rapidement, il tourne. Les Illuminations sont à lire comme la mise en place de ce corps droit, qui se soumet aux mouvement giratoires, « dans leur silence atrocement houleux ». La dimension négative (douloureuse) de ce mouvement (angoisse, perte, suffocation, effroi devant le « ciel qui se recourbe ») doit être prise en compte. Avec ce qu’elle suppose aussi d’enfoncement : l’accélération du mouvement ne produit pas seulement la disparition des images, leur surimpression, leur condensation, puis leur effacement, ou leur éclatement, mais la pénétration, l’installation au « tombeau ». La vrille. Le lecteur ne devra donc pas négliger ce que suppose de souffrance cet exercice du corps. Si la « maison du berger » se réécrit « corbillard de mon sommeil« , c’est que l’un des dénouements virtuels constamment frôlé, de ce jeu, est l’envahissement définitif de l’image, la chute au trou.

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A noir. Poésie et littéralité. Jean-Marie Gleize.
Éditions du Seuil. Fictions & Cie. 1992.
Chez l’éditeur.

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