Le tu et le silence

le

Mur ouest et poètes grands formats, un Noël presque en été.

Page 29:

Tu souhaites ne pas en dire plus, mais comment pourrais-tu réintégrer le tu de ton silence quand le témoin qui t’en a tiré, tire à présent de toi le ruban aérien qu’a formé derrière elle l’histoire commencée.
– Nous entrons, nous choisissons, nous commandons, nous mangeons.
– Quoi? réclames Vous.
L’image est grise, il n’y tremble qu’un peu d’air trouble. Cette femme était le contraire de la Jeune Fille, à moins qu’elle ne soit la même après l’usure de la vie. Tu essaie de faire venir autre chose que rides et mains rugueuses. Tu la raccompagnes à la gare. La terre ou le temps pivotent autour de toi.
Je ne l’ai plus revue, dis-tu. Et tu regardes se former sous le coup qui te frappa autrefois une bulle d’avenir : elle vient de crever à présent et elle répand dans l’air d’aujourd’hui un air qui n’est pas différent bien qu’il ne soit pas le même.

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Le tu et le silence. Bernard Noël.
Fata Morgana. 1998
Chez l’éditeur

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