Deux ou trois Graces.

le

Romans après Proust, bibliothèque de droite. Œuvres traduites en français.

J’ouvre page 113:

C’est ainsi que cela s’était passé avec Rodney. En amour de cette espèce, il était, il faut le reconnaître, un réel virtuose ; c’était charmant. Grace s’imagianit qu’elle le pratiquerait exactement de même avec le successeur de Rodney. Et elle l’aurait pu si le successeur avait été  Levitzki, ou Masterman, ou Gane. Mais le successeur, ce fut Kingham. Ce choix était malencontreux ; mais les pires conséquences en aurait pu être évitées si elle ne l’avait pas aimé. Ne l’aimant pas, elle aurait simplement pu le quitter après qu’il lui eût rendu la vie trop insupportable. Mais elle l’aima, et, l’aimant, elle fut entièrement à sa merci.
Kingham avait dit qu’il n’y avait pas moyen d’échapper à cette aventure ; et s’il en fut ainsi, pour lui, cela tenait au besoin que, perversement, il éprouvait, de s’adonner périodiquement aux émotions fortes, au besoin d’être humilié et humiliant, de souffrir et de faire souffrir autrui. Ce qu’il avait toujours aimé, c’est la passion elle-même, et non les femmes qui en étaient la cause ou l’excuse. Ces orgies occasionnelles de passion lui étaient nécessaires, de même que l’excès périodique de boisson est nécessaire au dipsomane.

bar-2705

Deux ou trois Graces. Aldous Huxley. Traduction de Jules Castier, préface d’Edmond Jaloux.
Éditions Stock. 1931.
On le trouve ici

 

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