La route du retour

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Romans traduits en français, bibliothèque de droite, en bas.

J’ouvre page 301:

Elle sentait le café. Je n’ai pas pu la prendre dans mes bras. Maintenant j’entends un loriot, un doux gazouillis pour une gorge plumeuse aussi menue. Comment pourrais-je lui écrire des lettres, quand je ne l’ai jamais fait, sauf à grand-père, il y a tellement longtemps ?
 » Est-ce que je peux venir habiter avec toi ? Je ne me plais pas ici. Où qu’on aille, il n’y a que des maisons. Ton petit-fils, Nelse. »
J’avais treize ans à cette époque, je venais de passer l’été en sa compagnie après qu’un ami et moi avions essayé de cultiver quelques plans de marijuana. Ma sœur nous a dénoncés. Tout l’été, nous avons creusé de nouvelles fondations sous leur vieux chalet, lequel était soulevé par des vérins hydrauliques ; nous avons placé des parpaings tout neufs, puis posé le chalet dessus. Nous avons pêché la truite dans les torrents, ou la perche et la carpe dans un lac tous les soirs et parfois au point du jour. Ma grand-mère, malade, s’installait au jardin dans un fauteuil à bascule, et elle nous regardait. J’ai retiré toutes les mauvaises herbes de son jardin. Elle est morte la semaine avant Thanksgiving ; dans un monde froid et blanc, nous sommes partis en voiture pour le Minnesota et son enterrement.

bar-2718

La route du retour. Jim Harrison. Traduit de l’américain par Brice Matthieussent. 1998.
Éditions 10/18. Domaine étranger n° 3153.
La voix de Harrison dans sa langue

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