Le vent qui gémit

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Dans la mansarde (c’est chaud!), étagère C, polars mélangés. Joli poche compact de Rivages Noir.

J’ouvre page 93:

Il fallut à Bernie une fraction de seconde pour identifier l’association des bruits:  le claquement sec d’une balle qui franchissait le mur du son en frôlant sa tête, le brusque heurt de l’impact, quelques mètres plus loin, la détonation du fusil qui avait tiré. L’identification une fois faite, elle se précipita à l’abri des rochers le long de la paroi du canyon.
Elle s’y blottit un moment, reprenant ses esprits et procédant à l’analyse de la situation. Sa retraite éperdue l’avait conduite derrière un grand bloc de roche effondré, un endroit qui avait l’avantage d’être indiscutablement à l’épreuve des balles  mais le désavantage de n’offrir aucune voie de repli possible lui garantissant une bonne protection. Elle s’assit le dos contre la roche, dégrafa le rabat de l’étui d’où elle sortit son revolver qu’elle contempla. C’était une arme de service réglementaire dans la police, contenant six balles de calibre trente-huit. Bernie avait réussi les épreuves du stand de tir avec un score élevé, mais elle n’avait pas appris à aimer cet objet : lourd, volumineux et froid, il symbolisait l’unique aspect du métier de policier pour lequel elle ne ressentait aucune attirance. Elle avait consenti des efforts en ce sens, imaginant des situations dans lesquelles elle tirait sur quelqu’un (toujours sur un individu de sexe masculin et d’une agressivité violente) pour défendre une vie innocente. Dans ces interventions, elle n’avait réussi qu’à immobiliser l’agresseur et à le désarmer, sans tenir compte de la politique communément acceptée dans la police qui consistait à ne pas dégainer son arme si l’on n’était pas disposé à s’en servir, et à ne pas tirer si on ne tirait pas pour tuer. Mais là elle savait, ou croyait savoir, qu’elle ferait feu  si cette situation l’exigeait, et qu’elle viserait pleine cible la personne qui tentait de l’abattre.

bar-2763

Le vent qui gémit. Tony Hillerman. Traduit de l’anglais par Danièle et Pierre Bondil.
Èditions Payot et Rivages. Rivages Noir. 2006.
Empruntez-le à la médiathèque des Ponts-de-Cé.

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