Le corps des libraires

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À droite des poètes du mur ouest, petits livres étranges.

J’ouvre au hasard:

Halberstadt était un important carrefour commercial. Le cadavre du cétacé est resté exposé dans la grande halle de la ville jusqu’à ce que, comme le rapporte la chronique du prieur de Saint-Burchardi, « le poisson commençant à sentir », il soit dépecé afin d’en prélever tout ce qui était propre à l’utilisation. Des os aux fanons, de la peau aux organes internes, la baleine fournit une matière première inestimable. Et pour inhabituel que puisse paraître dans le cas présent l’abandon de sa chair à la pourriture, il n’en va pas de même de sa graisse. La graisse de baleine constitue une denrée essentielle. Elle nourrit, isole, lubrifie et sert à tout. Ses vertus médicinales le disputent aux cosmétiques.
Mais par-dessus tout, elle éclaire. C’est pour cela qu’elle est précieuse,parce qu’à l’aide de cet or liquide, on fabrique les bougies qui chassent les ténèbres.

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Le corps des libraires. Vincent Puente. 2015
Éditions La bibliothèque. Collection Les Billets.
On le rencontre sur ce blog

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