Le roman de Tristan et Iseult

le

Bibliothèque, étagère du milieu. Littérature classique, premier rayon en haut.

J’ouvre page 75:

Quand il crut que tous dormaient, il se leva et répandit entre le lit de Tristan et celui de la reine la fleur de farine : si l’un des deux amants allait rejoindre l’autre, la farine garderait la forme de ses pas. Mais, comme il l’éparpillait, Tristan, qui restait éveillé, le vit:
« Qu’est-ce à dire? Ce nain n’a pas coutume de me servir pour mon bien ; mais il sera déçu : bien fou qui lui laisserait prendre l’empreinte de ses pas !  »
À la mi-nuit, le roi se leva et sortit, suivi du nain bossu. Il faisait noir dans la chambre : ni cierge allumé, ni lampe. Tristan se dressa debout sur son lit. Dieu! pourquoi eut-il cette pensée? Il joint les pieds, estime la distance, bondit et retombe sur le lit du roi. Hélas, la veille, dans la forêt, le boutoir d’un grand sanglier l’avait navré à la jambe, et, pour son malheur, la blessure n’était point bandée. Dans l’effort de ce bond, elle s’ouvre, saigne : mais Tristan ne voit pas le sang qui fuit et rougit les draps. Et dehors, à la lune, le nain, par son art de sortilège, connut que les amants étaient réunis. Il en trembla de joie et dit au roi:
 » Va, et maintenant, si tu ne les surprends pas ensemble, fais-moi pendre! »

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Le roman de Tristan et Iseult. Par Joseph Bédier.
Éditions 10/18. 1981.
Une occasion sur Ebay

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