Grammaires de la création

le

Bibliothèque de gauche, un des rayons du milieu. Critique. Philosophie.

J’ouvre page 207:

C’est le processus effectif de l’importation en nous d’êtres, de paysages, de situations et d’objets imaginaires souvent plus remarquables que ceux du monde extérieur, c’est la psychologie (la neurophysiologie ?) de la réception qui nous échappe. Comment « donnons-nous chair » — la métaphore de l’eucharistie est de toute évidence apparentée — à des suggestions sémantiques? Par quelles reconnaissances ou concessions leur attribuons nous des valeurs de vérité, une forme d’existentialité si crédible qu’elle rend spectraux nombre d’hommes et de femmes ou de faits empiriques que nous croisons ? On se souvient de l’exultation chagrine de Shelley quand il déclare que ceux qui ont aimé l’Antigone de Sophocle n’aimeront jamais plus une femme vivante d’un amour comparable. Dans quelle mesure nos expériences quotidiennes rendent plausibles, nourrissent notre conceptualisation du fictif ? Notre immersion dans le factuel étoffe-t-il l’imaginaire?

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Grammaires de la création. Georges Steiner. Traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat.
Éditions Gallimard. NRF Essais. 2001
Chez l’éditeur

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