Romans et contes – 2

le

Contre l’escalier, avec les livres des parents. Couverture tissu, 18e.

J’ouvre page 154 :

L’homme aux quarante écus

Le géomètre

On s’est dégoûté d’être chenille. Un philosophe extrêmement plaisant a découvert dans une Venus physique que l’attraction faisait les enfants ; et voici comment la chose s’opère. Le germe étant tombé dans la matrice, l’œil droit attire l’œil gauche, qui arrive pour s’unir à lui en qualité d’œil ; mais il en est empêché par le nez, qu’il rencontre en chemin, et qui l’oblige de se placer à gauche. Il en est de même des bras, des cuisses et des jambes, qui tiennent aux cuisses. Il est difficile d’expliquer la situation des mamelles et des fesses. Ce grand philosophe n’admet aucun dessein de l’Être créateur dans la formation des animaux. Il est bien loin de croire que le cœur soit fait pour recevoir le sang et pour le chasser, l’estomac pour digérer, les yeux pour voir, les oreilles pour entendre : cela lui paraît trop vulgaire ; tout se fait par attraction.

L’homme aux quarante écus

Voilà un maître fou. Je me flatte que personne n’a pu adopter une idée aussi extravagante.

bar-3350

Romans et Contes. Tome second. Voltaire. Introduction de Jean Varloot.
Club des amis du livre progressiste. 1959
En vente ici (cher)

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