Meurtre à Isla Negra

le

Romans policiers de la mansarde, étagère C, sur le plat, un peu déclassé.

J’ouvre page 77 :

– C’est ce que tentent les nouveaux historiens, je crois…
Il laissa passer la platitude de la remarque avec une petite moue de désintérêt. Il n’allait pas lui accorder le bénéfice d’une discussion de ses méthodes et détourna son regard vers la côte qui se profilait en contrebas, parsemée de lumières dessinant un arc de cercle irrégulier.
– J’ai cru comprendre que vous veniez d’Alger… Alger la blanche… et dans quel quartier…
– Via Paris, corrigea-t-elle aussitôt, craignant d’être entraînée dans une conversation qu’elle voulait à tout prix éviter. J’habite vers Jussieu.
Elle n’était allée qu’une seule fois à Alger. Pour enterrer Farid, son frère. Elle ne voulait pas y penser. Les yeux baissés, elle gratta le sol de son pied gauche comme pour y repousser un objet gênant.
– Je vois, dit-il en la scrutant du regard. Pour vos études, bien sûr…
Il pense sans doute que je suis une de ces intellectuelles issues d’une famille des classes dirigeantes qui ont choisi un exil de luxe et la condition d’étudiante à perpétuité, se dit-elle. Un peu honteuse de pouvoir à ce point faire illusion, elle confirma :
– Oui, j’étudie l’image de la femme comme muse.

bar-3608

Meurtre à Isla Negra. EstelleMonbrun.
Éditions Viviane Hamy. 2006.
Chez l’éditeur

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