Les mots étaient des loups

le

Tout frais, sur mon chevet.

J’ouvre page 107 :

Nous nous sommes exclus de l'espace informe de l'air 
pour une terre soucieuse de combler ses excavations
   avec os chiffons aboiements
nous avons perdu cette mobilité qui faisait de nous des
   choses reconnaissables à leur contour
viables entre azote et asphalte
nous nous sommes décolorés

Égaux lors des distributions des tâches et pour éviter
   les revendications on nous serra en fagots silencieux
   sans préciser à quelle forêt nous appartenions sans
   accès à nos noms placés plus haut que nous lisibles
   des murs debout sur leur unique pied

Les rumeurs de la ville nous arrivent disloquées
les reconstituer en ligne droite exige le savoir faire d'un
   arpenteur du cadastre
[...]

dédié à Claude Esteban, in Les Obscurcis.

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Les mots étaient des loups. Poèmes choisis. Vénus Khoury–Ghata. Préface de Pierre Brunel.
Éditions Galimard. NRF Poésie. 2016.
Chez l’éditeur

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