Basse langue

le

Rez-de-chaussée. Panier à lire. Il attend. Les livres sont patients.

J’ouvre page 24 :

Ce n’est pas rêverie ce que me font vivre les mots du garçon écrits le soir sur son rouleau de papier. Rien ne m’évade dans ses pages. Me font signe. Me sont signe. Les mots d’un garçon de treize ans, entier, au bord de sortir la voix imprévisible qui sera la sienne, de donner le puissant coup de talon qui l’enverra en exil, avec le savoir de là d’où il vient, il ne sait vers quels territoires nécessaires. Pourquoi me font signe ? Seulement pour le dessiner en le redoublant mon enclos ?
C’est la lecture lisse qui recèle l’écart. La lecture grumeleuse l’annule.
La lecture lisse est habile à faire comme s’il n’y avait pas écart, elle glisse sans accrocher là où ceux qui ne maîtrisent pas bien l’écart tomberaient.
La lecture lisse, à vrai dire, comme s’il n’y avait pas de langue.

bar-3632

Basse langue. Christiane Veschambre.
Éditions Isabelle Sauvage. 2016.
Chez l’éditrice

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