Enfance, adolescence, jeunesse

le

Bibliothèque, étagère du milieu, littérature classique, dernier rayon.

Il s’ouvre page 255 :

XXVII

Le début d’une amitié

Depuis ce moment, des rapports assez étranges mais extrêmement agréables s’établirent entre Dmitri Nekhlioudov. Devant les autres, il ne faisait presque pas attention à moi ; mais aussitôt qu’il nous arrivait d’être seuls, nous nous installions dans un petit coin confortable et commencions à discuter en oubliant tout, sans remarquer le temps qui s’enfuyait.
Nous parlions de la vie future et des arts et du service et du mariage et de l’éducation des enfants, et jamais il ne nous venait à l’esprit que nous sortions d’effroyables sottises. Cela ne nous venait pas à l’esprit parce que les sottises que nous disions étaient d’intelligentes et de charmantes sottises ; or, dans la jeunesse, on apprécie encore l’intelligence, on croit en elle. Dans la jeunesse, toutes les forces de l’âme sont tendues vers l’avenir, et cet avenir prend des formes si enchanteresses, si vivantes et si variées sous l’influence de l’espoir, fondé non sur l’expérience du passé mais sur une possibilité de bonheur imaginaire, qu’à eux seuls les rêves conçus et partagés d’un bonheur futur sont déjà le véritable bonheur de cet âge.

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Enfance, adolescence, jeunesse. Tolstoï. Traduction et notes de Sylvie Luneau, préface de Michel Aucouturier.
Éditions Gallimard. Folio n° 678
Chez l’éditeur

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