L’interprétation des meurtres1

le

Meurtres dans les combles, étagère C.

J’ouvre page 183 :

Je m’éveillai à six heures en ce mercredi matin. Je n’avais pas rêvé de Nora Acton – du moins à ma connaissance – , mais dès que j’ouvris les yeux  dans mon étroite chambre d’hôtel en lambris blanc je me mis à songer à elle. Le désir sexuel pour son père pouvait-il réellement être la source de ses symptômes ? C’était pourtant ce qui sous-tendait la pensée de Freud. Je refusais d’y croire ; l’idée me répugnait.
Je n’avais jamais aimé Œdipe. Ni la pièce, ni le personnage, ni la théorie éponyme de Freud. C’était le seul élément de la théorie psychanalytique que je n’admettais pas. Que nous ayons une vie mentale inconsciente ; que nous refoulions en permanence des désirs sexuels interdits et les pulsions agressives qu’ils entraînent dans leur sillage ; que ces désirs refoulés se manifestent à travers nos rêves, nos lapsus, nos névroses : je croyais à tout cela. Mais que les hommes veuillent avoir des rapports sexuels avec leur mère et les femmes avec leur père : cela, je ne pouvais m’y résigner. Bien sûr, Freud aurait dit que mon scepticisme était de la « résistance ». Que je ne voulais pas que la théorie œdipienne fût vraie. Il aurait eu raison. Cependant, ma résistance, ou toute autre chose, ne prouvait en aucun cas que cette idée fût juste.

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L’interprétation des meurtres. Jed Rubenfeld. Traduit de l’anglais américain par Carinne Chichereau.
Pocket N°13611. (Éditions du Panama 2007)
Sur Babelio

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