La mer

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Bibliothèque du milieu, littérature classique. Dans son ordre chronologique.

J’ouvre page 238 :

Conquête de la mer

Les progrès ont été lents pendant trois siècles. On voit dans Cook et Péron combien, même en ces temps si près de nous, la navigation était difficile, périlleuse, incertaine.
Cook, de si grand courage, mais de vive imagination, en est ému, et dit dans son journal : « Les dangers sont si grands, que j’ose dire que personne ne se hasardera à aller plus loin que moi. »
Or, c’est précisément depuis que les voyages ont commencé de manière régulière et poussé plus loin.
Un grand siècle, un siècle Titan, le dix-neuvième, a froidement observé ces objets. Il a le premier osé regarder l’orage à la face, noter sa furie, écrire, pour ainsi dire, sous sa dictée. Ses présages, ses caractères, ses résultats, tout a été enregistré. Puis on a expliqué et généralisé. Un système a surgi, nommé d’un titre hardi qui jadis eût semblé impie : « Loi des tempêtes. »
Donc ce qu’on avait cru un caprice se ramènerait à une loi. Ces faits terribles, rentrant dans certaines formes régulières, perdraient en grande partie leur puissance de vertige. Calme et fort, l’homme en plein péril aviserait si l’on ne peut leur opposer des moyens de défense non moins réguliers, en deux mots, si la tempête arrive à faire une science, ne peut-on créer un art du salut? un art d’éviter l’ouragan, et d’en profiter même ?

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La mer. Jules Michelet. Préface de Jean Borie.
Éditions Gallimard. Folio 1470.
Chez l’éditeur

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