Don Quichotte de la Manche. T.1

le

Bibliothèque centrale, rayons de littérature classique.

J’ouvre page 147 :

Continue ton conte, Sancho, dit Don Quichotte ; et du chemin que nous devons prendre, laisse m’en le souci.
— Je dis donc, continua Sancho, que, dans un endroit de l’Estramadure, il y avait un pâtre chevrier, c’est à dire qui gardait les chèvres, lequel pâtre ou chevrier, comme dit mon histoire, s’appelait Lope Ruiz, et ce Lope Ruiz était amoureux d’une bergère qui s’appelait Torralva, laquelle bergère appelée Torralva était fille d’un riche propriétaire de troupeaux, et ce riche propriétaire de troupeaux…
— Mais si c’est ainsi, que tu contes ton histoire, Sancho, interrompit Don Quichotte, répétant deux fois ce que tu as à dire, tu ne finiras pas en deux jours. Conte-là tout uniment, de suite, et comme un homme d’intelligence ; sinon, tais-toi, et n’en dis pas davantage.
— De la manière que je la conte, répondit Sancho, se content dans mon pays toutes les histoires de veillées ; je ne sais pas la conter autrement, et il n’est pas juste que Votre Grâce exige que je fasse des modes nouvelles.
— Conte donc comme tu voudras, s’écria Don Quichotte, et, puisque le sort m’a réduit à t’écouter, continue.

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Don Quichotte de la Mancha. Miguel de Cervantès Saavedra. Traduction et notes de Louis Viardot. Dessins de Gustave Doré gravés par H. Pisan. 1863
Librairie Hachette, Grandes Œuvres. 1978.
Le texte original en espagnol

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