Les forces tumultueuses

le

Cartons de cave (il doit y avoir un nid de Verhaeren quelque part…)

J’ouvre page 53 :

Les forces tumultueuses
Mais la clarté du ciel sait bien qu'il est allé
Souvent, loin des cités, en plein pays de bois, 
Près d'un marais mortel couleur d'encre et de poix
Dont le sol noir de moisissure est tavelé,

Chérir éperdument la vie orde et bannie,
La vie humble et proscrite, en des exils si tristes,
Que seuls, le houx, l'ortie et les ronces persistent
À croître, en de tels lieux de lèpre et de sanie.

Qu'il y vécut d'une existence ardente, seul ;
Le cœur penché vers l'ombre et la pitié, le cœur
Fervent, le cœur enfin sauvé par la douceur
D'avoir à soi ces fleurs de mort et de linceul,

De les aimer et de se croire aimé par elles ;
Avec leurs dents, leurs dards et leur fureur tactile,
De les serrer sur soi comme un cilice hostile,
Dont on savoure enfin les morsures cruelles,
[...]

bar-3700

Les forces tumultueuses. Poèmes. Émile Verhaeren. Dédicace au « Très grand et cher Auguste Rodin »
Le Mercure de France. 1920.
Voir la page 7 du colloque « Rodin, l’onde de choc » (mars 2017)

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