Conquistadors

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Lecture en cours – table du salon.

J’ouvre page 69 :

Pendant ce temps, Pizarre avait attendu. Le climat humide avait rongé en lui encore quelques rêves. Il avait dû supporter pendant des mois une attente inutile, mener une existence molle et dérisoire. Mais Almagro l’avait finalement rejoint. Et Pizarre l’avait convaincu de retourner seul à Panama chercher des hommes, des armes et des vivres. Si lui y retournait, il ne pourrait plus repartir. Il devait rester dans les jungles et attendre. Il avait déjà coûté très cher en soldats, s’il rentrait, on lui confisquerait tout pouvoir. Il devait rester, rester à tout prix, malgré l’insuccès, la fatigue et le désespoir.
Enfin, lorsqu’Almagro était revenu de Panama, il y avait eu cette chance nouvelle : les arquebuses ; pour la première fois, on leur en avait donné quelques unes. Il jura tout ce qu’on voulait sur la croix et les saints évangiles. Ça y est. Il avait de la poudre et des tubes de fer. Alors ce fut le second voyage. Les navires avaient été radoubés, on avait acheté des vivres, recruté des hommes, on repartit. Il y eut encore bien des difficultés et bien des morts.

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Conquistadors. Éric Vuillard. Roman.
Éditions Actes Sud. Babel. 2015 (Léo Scheer, 2009)
Chez l’éditeur.

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