Gil Blas de Santillane

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Littérature classique – bibliothèque du milieu – rayon médian – XVIIIe siècle.

J’ouvre page 200 :

Dans le temps qu’il achevait ces paroles, nous vîmes sortir du village et entrer dans la plaine un grand concours de personnes de l’un et l’autre sexe. C’étaient les deux époux, accompagnés de leurs parents et de leurs amis, et précédés de dix à douze joueurs d’instruments, qui, jouant tous ensemble, formaient un concert très bruyant. Nous allâmes au-devant d’eux, et Diego se fit connaître. Des cris de joie s’élevèrent aussitôt dans l’assemblée et chacun s’empressa de courir à lui. Il n’eut pas peu d’affaire à recevoir tous les témoignages d’amitié qu’on lui donna. Tout sa famille et tous ceux mêmes qui étaient présents l’accablèrent d’embrassades. Après quoi, son père lui dit : Tu sois le bienvenu, Diego! Tu retrouves tes parents un peu engraissés, mon ami. Je ne t’en dis pas davantage présentement. Je t’expliquerai cela tantôt par le menu. Cependant tout le monde s’avança dans la plaine, se rendit sous les tentes, et s’assit autour des tables qu’on y avait dressées. Je ne quittai pas mon compagnon, et nous dînâmes tous les deux avec les nouveaux mariés, qui me parurent bien assortis. Le repas fut assez long, parce que le maître d’école eut la vanité de le vouloir donner à trois services, pour l’emporter sur ses frères, qui n’avaient pas fait les choses si magnifiquement.

bar-3776

Gil Blas de Santillane. Alain-René Lesage.
Éditions Gallimard. Folio classique n°2778. 1973.
Chez l’éditeur

 

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