Le petit homme de l’Opéra

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Sous les combles, l’étagère E – grands détectives en 10/18.

J’ouvre page199 :

« Drôle de rue, on se croirait au fond d’un ravin surplombé d’un pont ferroviaire, manque un train essoufflé. Oh, un escalier comme à Montmartre, en miniature, s’entend. Imaginerait-on que le Cours de Vincennes se cache derrière ces jardins ? C’est d’un calme! Un vallon ourlé d’un fleuve impétueux… »
Quand Joseph prospectait un nouveau quartier, il se sentait l’âme d’un Stanley.
La rue de la Voûte bifurqua vers la gauche et, entre deux becs de gaz, s’enclava une large boutique dont les glaces latérales s’ornaient d’angelots joufflus maniant balais et pelles d’un côté, seaux et éponges de l’autre. Au paradis de la Ménagère, lisait-on en lettres blanches sur un calicot. Un voilage noir drapait la devanture.
— Ça va, madame Maroute ? s’enquit une voix haut perchée issue de la pénombre.
— J’tiens d’bout, c’est préférable, m’sieu Anselme, chevrota une vieille courbée sur sa canne.
À sa suite, Joseph pénétra piane-piane dans le magasin où ses narines luttèrent contre une odeur d’encaustique mêlée d’acétone. Sur les rayonnages proliféraient des bidons de capacités variées sur lesquels les mots Saxoléine, Auréole du Midi, Eau-Rafael, Brillant Bühler, insecticide Vicat composaient une poésie que n’eût pas reniée un adepte du vers libre.

Bar-3905

Le petit homme de l’Opéra. Claude Izner.
Éditions 10/18, Grands détectives, n° 4345.
On peut y faire un tour ici

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