La volonté de punir

Bibliothèque de gauche, rayon supérieur – sociologie.

J’ouvre page 107

Le cycle répressif aux États-Unis et en Europe.

Mais peu à peu les « rehabilitationistes » vont observer une « trève silencieuse ». Cet idéal moral, comme celui de la Défense sociale nouvelle en Europe, va connaître sa plus grande crise dans la deuxième moitié du XXe siècle. Sa laïcisation ouvre une brèche où d’autres réponses au crime auront leur chance. Privée  de sa perspective rédemptrice, la peine n’est plus conçue pour tendre la main à celui dont on ne désespère jamais qu’il revienne un jour dans la communauté. Vide de toute attente de transformation morale, hors du rigorisme puritain, elle perd son ancrage spirituel. La prison cellulaire renvoie l’image crue d’une déchéance psychique, non d’une promesse de salut. La philosophie pénale cherche son équilibre entre le pôle de la rétribution, le juste dû (just deserts) qui sanctionne le démérite moral, et le pôle de l’utilitarisme dominé par la fonction de dissuasion (deterrence). À partir de ce moment, le nœud répressif se forme autour de la défense de la société : une nécessité sociale (dissuader pour ne pas affaiblir la société) et une obligation morale (le mal en rétribution du mal) scellent une alliance qui sera durable.

Bar-3910

La volonté de punir. Denis Salas.
Éditions Hachette Littératures. 2005.
Une critique.

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