Naissance et renaissance de l’écriture

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Bibliothèque de gauche, autour de la psychanalyse. Seconde planche en partant du haut.

J’ouvre page 126 :

Contagion de l’interdit d’écriture porté sur la voyelle

Dans le cadre monothéiste où il fut inventé, l’alphabet autorisait seulement l’écriture consonantique, et l’interdit porté sur l’inscription de la voyelle, inexplicable rationnellement, a diffusé par le biais des écritures araméennes et phéniciennes. Il serait intéressant de faire une histoire des différents procédés qui furent élaborés — accents, points, ligatures, matres lectionis — pour contourner le tabou qui exista et existe encore dans certains cas sur l’écriture vocalique.
Toutes les cultures sémitiques proscrivirent l’écriture de la voyelle, faisant de l’écrit un ensemble littéral radicalement distinct de la parole : un lecteur pouvait saisir le squelette consonantique et devait interpréter la prononciation. Ce rejet de la vocalisation a perduré alors que les alphabets grecs et latins étaient connus des peuples concernés qui, sans égards pour les considérations pratiques, refusèrent l’emploi de la voyelle, préférant recourir au système des points-voyelles (hébreu, syriaque, arabe) plutôt que de l’utiliser.

Bar-3911

Naissance et renaissance de l’écriture. Gérard Pommier.
Éditions P.U.F. — écriture. 1993 (1996)
Chez l’éditeur

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