L’ancre de miséricorde

Romans après Proust, bibliothèque de droite, planches du haut.

J’ouvre page 89 :

Pour dire vrai, nous avions un peu l’habitude de ces désordres et nous n’en aimions pas moins ces matelots plus braillards que méchants. La rude discipline du bord se relâchait à terre. Et leurs officiers eux-mêmes se montraient toujours prêts à la défendre contre les autorités de police.
Des soldats défilaient chaque jour dans la rue de Siam. Ils se dirigeaint vers le camp de Paramé. Nous vîmes ainsi passer le régiment d’Erlach en habit rouge à revers et à col noirs sur la veste blanche ; puis le fameux régiment de Picardie en habit blanc à revers blancs sur la veste blanche ; le régiment de Bourgogne en habit blanc à revers gris, au col cramoisi, ce qui donnait bonne mine aux hommes.
La cavalerie, commandée par ses mestres-de-camp, suivait le cours d’Ajot. Tous les garnements de la ville couraient à se rompre le cou dès qu’ils entendaient les timbales. Ils escortaient, en gambadant devant les chevaux, les « maîtres », ainsi désignait-on les soldats de la cavalerie. Un régiment de dragons vert et blanc, coiffés du casque orné de fourrure et d’une crinière et précédé de vingt tambours, souleva l’enthousiasme général. Une pittoresque caravane composée de charrettes suivait chaque régiment.

Bar-3941

L’Ancre de Miséricorde. Pierre Mac Orlan.
Éditions Émile-Paul Frères. 1941.
Le même, un peu moins frais, ici

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s