Tristesse de la terre

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Romans après Proust, dans la bibliothèque de droite, étagère du dessous rayons du dessus.

J’ouvre page 77 :

Buffalo Bill avait mis à profit d’une autre manière encore son séjour dans le Nebraska. Avant de retourner en Alsace-Lorraine poursuivre son célèbre show, il avait été en pèlerinage sur les lieux de l’assassinat de Sitting Bull. Il y avait rencontré des proches du vieux chef indien et il leur avait confié l’affection et tout le respect qu’il avait pour lui. Il était sincère. Sans doute éprouvait-il ainsi la grandeur de quelque chose qu’il avait deviné naguère, en tant que simple éclaireur, dans le moment de sa vie réelle. Mais cela devait être loin à présent. Cela devait sembler étrange, après avoir vu tant d’hommes s’agglutiner sur des gradins comme les grains de blé qu’on secoue ! Alors, en échange de quelques dollars, par affection aussi peut-être, on lui avait cédé la cabane où avait vécu Sitting Bull et il l’avait fait démonter, afin qu’on la transporte en train jusqu’à son bateau. Et puis il avait également marchandé le dernier cheval du chef indien. Enfin, en repassant près de Wounded Knee, il était aller ramasser les derniers débris de la tribu Dakota qui traînaient craintivement dans les environs du massacre et il les avait embauchés. C’était sans doute une façon de leur sauver la vie.

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Tristesse de la terre. Éric Vuillard.
Éditions Actes Sud. Un endroit où aller. 2014.
Chez l’éditeur

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