La fête du cordonnier

le

Entre les petits classiques et les revues de poésie petit format, dans le casier transversal au-dessus de la bibliothèque de gauche. Vous voyez ?

J’ouvre page 50 :

Ralph. — Firk, reconnais-tu cette chaussure ?
Firk. — Non.
Ralph. — C’est sa pointure. C’est sa largeur. C’est la couture que j’ai cousue. Comme elle a dû marcher. Regarde, il n’y a plus de talon, la semelle est toute usée.
Firk. — Mais qui ?
Ralph. — Je veux qu’on me coupe la seule bonne jambe qui me reste si ce n’est pas la paire que j’ai donnée à Jeanne quand ils m’ont enrôlé pour la France. Regarde ce cuir, c’est toi qui l’a taillé.
Firk, il examine la chaussure. — Mais des comme ça, il y en a mille !
Ralph. — Ça n’est pas vrai ! Tu verras !
Firk. — Quoi ?
Ralph. — Avec qui voudra venir avec moi, demain matin, j’irai saluer la mariée. Et si c’est elle…
Firk. — Patron, patron, Ralph déménage…
Hodge revient, suivi de l’apprenti.
Ralph. — Si c’est elle, je la reprendrai. Si ce n’est pas elle, j’irai jusqu’à ma mort sans toucher à une femme.
Hodge prend la chaussure et l’examine.
Fink. — Sage résolution, plutôt que de mettre au monde une torchée de petits boiteux. Ralph…
Ralph. — Quoi ?
Fink. — Si tu y vas, j’en suis !

bar-4404

La fête du cordonnier. Michel Vinaver, d’après Thomas Dekker.
Éditions de l’Arche. TNP, Collection du Répertoire. 1959.
Le hasard vous envoie en Avignon pendant le Festival

 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s