Les aveux de la chair

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Philosophie/Sciences sociales, bibliothèque de gauche, rayon du haut.

J’ouvre page 111 :

L’examen de Serenus ne porte donc ni sur des actes définis, ni sur un passé plus ou moins lointain ; il ne s’agit ici ni de fixer le tableau de ce qui a été fait en bien ou en mal, ni de relever les fautes commises pour s’en repentir. Le regard de la conscience est dirigé vers le présent, un présent qui est envisagé comme un « état », le jeu de ce qui le pousse soit à rester chez lui satisfait de son sort, soit à courir au forum et à y parler d’une voix qui ne s’appartient plus. Mais de cet état, l’examen ne tente pas de rechercher les causes : il ne descend pas vers les racines cachées du mal, il essaie de le restituer tel qu’il se présente à la conscience, sous la forme des satisfactions qu’elle éprouve ou des mouvements qu’elle sent en elle-même. La répétition systématique du mot placet est significative : c’est le sentiment que l’âme éprouve à propos de ce qu’elle fait ou de ce qu’elle voit qui constitue l’objet spécifique de l’examen. Il constitue en effet la manière dont se manifestent à l’âme les mouvements qui l’agitent — et qui, dans le cas particulier de Serenus, la tirent simultanément dans des directions opposées, l’immobilisant sur le chemin du progrès et la faisant osciller au point de lui donner le mal de mer.

bar-4440

Les aveux de la chair. Histoire de la sexualité, 4. Michel Foucault. Texte établi par Frédéric Gros.
Éditions Gallimard. Bibliothèque des Histoires. 2018.
Chez l’éditeur

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