Gilles de Rais

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Cave, poussière et champignons. Provenance inconnue.

J’ouvre page 183 :

Jamais ils n’offrent d’argent, comme faisait Sillé. Ils laissent seulement, au moment de payer la tournée, voir complaisamment l’intérieur de leur bourse gonflée, où l’on aperçoit même quelques pièces d’or. Ils laissent les autres tâter leurs chauds vêtements d’hiver molletonnés tout neufs. Leurs chevaux splendides au poil lustré sont ostensiblement attachés devant la porte même de l’auberge, au milieu d’une bande de gamins admiratifs. Ils écoutent les autres parler, laissant seulement, tels des souverains dans une cour, tomber des propos espacés et sentencieux accueillis de murmures respectueux. Mais ces rares paroles tendent toujours à démontrer combien leur sort est enviable et à quel point le fait d’entrer dans la domesticité de Gilles est la félicité suprême. On s’y remplit les poches, ce qui comble amplement les rêves philosophiques des paysans présents. Dans les autres châteaux, on dit que les serviteurs se voient faire ristourne du « sou de l’écu ». Chez Gilles, c’est « l’écu de l’écu ».

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Gilles de Rais. Michel Bataille.
Éditions Pygmalion, Bibliothèque Infernale. 1976.
Gilles de Rais a été à la mode dans le second XXe siècle

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