Je ne sais ce que je vois qu’en travaillant

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Entre les serre-livres, sur la planche du haut sous la tapisserie, à droite des poètes (petits formats). Écrits sur l’art.

J’ouvre page 7 :

Je travaille à la dernière minute. Les « choses » que je fais et refais pendant des mois, je les finis en trois heures.
Le désir que j’ai, ce n’est pas de travailler, mais de savoir ce que je veux faire… et d’en finir au plus vite.
Peut-être suis-je un faux sculpteur et un faux peintre.

Au début, quand j’étais à la Grande Chaumière, j’étais embarrassé par la technique : je travaillais par profils et selon l’éclairage. Mais du jour où j’ai travaillé selon moi, je ne me suis plus occupé de la lumière.
En peinture, il faut en tenir compte, quand on emploie des couleurs pures. Mais quand on peint avec des gris, des ocres, comme je le fais, la lumière peut bien changer, la peinture ne change pas du tout.
L’électricité ne me gêne pas. Il m’arrive souvent de travailler (peindre ou sculpter) la nuit. Il est vrai que ce n’est pas volontaire. Et c’est peut-être seulement parce qu’on est plus tranquille.
De toutes façons, quel que soit ce qui l’éclaire, une chose devrait toujours être aussi bien.

bar--24

Je ne sais ce que je vois qu’en travaillant. Alberto Giacometti. Propos recueillis par Yvon Taillandier.
Éditions L’Échoppe. Envois. 1993.
La notice B.N.F.

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