Le aye-aye et moi

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J’ai glissé la main une seconde fois dans le même carton, pour voir. J’ai vu. C’est une veine de littérature animalière.

J’ouvre page 95 :

À peine les voix de mes compagnons s’étaient-elles tues que les entrelacs de lianes dont s’ornaient les arbres au-dessus de ma tête reçurent la visite d’une bande de souïmanga, un petit bout d’oiseau au bec noir recourbé comme un cimeterre. Sa tête, son menton et sa gorge étaient d’un vert ardent et éclatant, aux reflets métalliques, sa poitrine d’un bleu chatoyant, bordée de rouge et de jaune vif, et sa queue verte. Aussi colorés et gais qu’une roulotte de bohémiens, ils illuminaient les arcades dépouillées de verdure qu’ils étaient en train d’explorer. Ces petits passereaux sont une sorte d’oiseau-mouche africains, certains sont d’ailleurs aussi beaux que leurs cousins d’Amérique du Sud. Ceux-là chassaient sûrement des insectes, il n’y avait en vue aucune fleur dont ils auraient pu aspirer le nectar. Ils volaient par saccades rapides, si vite que l’œil se révélait incapable de les suivre, traçant d’étranges dessin géométriques entre les branches. Puis soudain, ils s’immobilisaient, ailes floues, bec en avant, et attrapaient un insecte si minuscule qu’il aurait fallu une loupe pour le voir.

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Le aye-aye et moi. Gerald Durell. Traduit de l’anglais par Isabelle Chapman.
Éditions Hoëbecke. 1993.
Sur Babelio

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