La Forteresse vide

le

Psychanalyse et consorts. Étagère du haut de la bibliothèque de gauche

J’ouvre page 135 :

La seule activité à laquelle Laurie se livrait spontanément était une activité destructrice. Elle arrachait les boutons de ses vêtements, déchirait ses draps, arrachait le papier des murs. Si elle réussissait à se procurer un bout de ruban, elle l’effilochait jusqu’à ce qu’il formât une boule floconneuse qui ressemblait à un morceau de coton. Le même sort était réservé à sa descente de lit en peluche et à ses couvertures. Je mentionne ce fait parce qu’il contraste avec la façon complexe de déchirer une feuille de papier qui fut sa caractéristique lors des derniers jours qu’elle passa chez nous.
Lorsqu’on lui adressait la parole, Laurie tournait son visage de l’autre côté. Lorsqu’elle était dérangée ou disputée, elle fixait simplement sa main ou regardait dans le vide. Au fur et à mesure que le temps passait, son retrait s’accentuait.

bar--74

La forteresse vide. Bruno Bettelheim.
Éditions Gallimard. Connaissance de l’inconscient. 1969.
Chez l’éditeur

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s