Le temps n’a pas d’odeur

le

Allez, encore un petit verre de Science-Fiction, sur la plus haute planche de la bibliothèque.

J’ouvre page 113 :

— Vous allez mieux, dit l’homme. Qu’allez-vous faire ?
La question prit Jorgenssen au dépourvu. La voix de l’homme était grave, posée sans contrainte.
— Je ne sais pas, balbutia Jorgenssen. Je pensais vivre dans cette ville pendant un certain temps.
— Vous êtes libre. Vous pouvez rester tout le temps que vous voudrez. Mais je ne sais pas si vous vous plairez longtemps ici. Enfin vous déciderez vous-même.
Jorgenssen voulut protester : la vie des dalaméens lui conviendrait parfaitement. Mais il se retint à temps, comprenant ce que l’homme avait voulu dire. Il n’avait voulu ni lui faire peur, ni insinuer qu’il serait mal accueilli. Simplement, il pouvait être désagréable de vivre dans une ville où l’on en savait moins sur le monde et sur soi-même qu’un petit enfant. C’était se trouver dans une position d’infériorité inacceptable. Jorgenssen lança à l’homme un regard compréhensif.
— Je suis Daalquin, dit l’homme. C’est à la fois un nom et une fonction. Je crois que la petite a commencé à vous expliquer certaines choses. Je ne sais si elle a bien ou mal fait. Elle a décidé librement en fonction de votre situation. Vous pouvez me poser des questions si vous voulez, mais je suppose que vous comprendrez mieux en nous regardant vivre. Je sais que vous êtes plein de curiosité.

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Le temps n’a pas d’odeur. Gérard Klein
Éditions Denoël. Présence du Futur n°63. 1963.
Noosfere le présente ici

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