Œuvres complètes

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Les pléiades, bien en rang dans leur vitrine.

J’ouvre page 736 :

CHAPITRE XXXVII

De la ressemblance des enfants aux pères

(a) Ce fagotage de tant de diverses pieces se faict en cette condition, que je n’y mets la main que lors qu’une trop lasche oisiveté me presse, et non ailleurs que chez moy. Ainsin il s’est basty à diverses poses et intervalles, comme les occasions me detiennent ailleurs par fois plusieurs moys. Au demeurant, je ne corrige point mes premieres imaginations par les secondes ; (c) ouy à l’aventure quelque mot, mais pour diversifier, non pour oster. Je veux représenter le progrez de mes humeurs, et qu’on voye chaque piece en sa naissance. Je prendrois plaisir d’avoir commencé plustost et à reconnoistre le trein de mes mutations. Un valet qui me servoit à les escrire soubs moy pensa faire un grand butin de m’en desrober plusieurs pieces choisies à sa poste. Cela me console, qu’il n’y fera pas plus de gain que j’y ay fait de perte.
Je me suis envieilly de sept ou huict ans depuis que je commençay ; ce n’a pas esté sans quelque nouvel acquest. J’y ay pratiqué la colique par la libéralité des ans. Leur commerce et longue conversation ne se passe aisément sans quelque tel fruit.

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Œuvres complètes. Michel de Montaigne. Texte établi par Albert Thibaudet et Maurice Rat.
Éditions Gallimard. Bibliothèque de la Pléiade. N° 14. 1962
Chez l’éditeur

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