La Belle-Jenny

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Littérature classique, rayon XIXe, vers le bas, bibliothèque centrale.

J’ouvre page 117 :

— Capitaine, la marée nous favorise, le vent a changé, il faut mettre le cap vers la pleine mer ; notre expédition en Angleterre est finie, dit l’homme au manteau en voyant paraître Peppercul.
— Entendre, c’est obéir, répondit celui-ci en parodiant à son insu la formule du dévouement oriental, car l’homme au manteau paraissait lui inspirer un respect mêlé de crainte, quoique de sa nature le capitaine Peppercul ne fût ni servile ni poltron.
L’ordre fut donné d’appareiller. Les barres d’anspect furent placées dans l’arbre du cabestan, et les matelots, pesant dessus de toute la force de leurs bras et de leur poitrine, commencèrent leur manège circulaire en poussant sur un rythme plaintif ce singulier gloussement composé de la plainte du vent, du sanglot de la lame, du cri de la mouette, et dans lequel l’inquiétude de la nature semble se mêler à l’effort humain. L’ancre dérapait, et déjà, plusieurs tours de chaîne s’enroulaient autour du tambour et mouillaient le pont de leur dégout.

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La Belle-Jenny. Théophile Gautier.
Librairie Plon. Les petits fils de Plon et Nourrit. 1929
En PDF ou en Epub, sur cet excellent site

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