Anthologie de la poésie française du XXe siècle. Tome 2

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Mur ouest, en bas à droite. Les anthologies.

J’ouvre page 393 :

Démesure de la poésie

Le poème est ce qui n’a ni nom , ni repos, ni lieu, ni demeure : fissure à l’œuvre se mouvant. Inutile de le circonscrire hors de paysages connus dans quelque zone aux pensées interdites, horizon d’antinature ou alors achevé au terme de son dépassement. Il hante notre espace car il est notre temps. Insaisissable en chacune de ses figures qui ne surgit que pour lier sa tendance naissante à d’imprévisibles successions, le poème sécrète sa propre histoire comme l’avion traceur ses spirales irréductibles dans leur lecture linéaire à ce que fut dans l’azur ce point blanc. Prenant appui sur l’explosion étoilée du langage, ressassant l’amorce naissante de l’événement, sortant le geste de ses fonctionnels usages, le coupant de ses thématiques intentions, le poème fait qu’après lui l’homme foudroyé demande aux pages l’abri et le repos d’une histoire, le modèle entrevu parfait de la pierre bleue sur un visage, l’impossible clé. Sans rémission.

(Jacques Garelli, Prendre appui, Mercure de France)

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Anthologie de la poésie française du XXe siècle. Tome 2.
Éditions Gallimard / poésie. 2000.
Chez l’éditeur

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