Disparaître

le

Romans après Proust, bibliothèque de droite. (Mais bien sûr, ce n’est pas exactement un roman).

J’ouvre page 75 :

Reste que, dans le même temps qu’il écrivait, la nuit sans doute, ou durant les promenades, dans le mètre carré de solitude que lui procurait son lit, dans le même temps exactement, il s’est peu à peu mis à crier son innocence, apprenant à se défendre, apprenant à parler pour se défendre, au point qu’un ténor du barreau lillois, bientôt convaincu par son jeune confrère commis d’office; a accepté de prendre en charge sa défense, aux Assises. Pessant n’était pas coupable, et, malgré l’insistance du procureur et malgré l’absence d’alibis solides, cela est apparu avec la force de l’évidence dès les premiers jours de comparution. L’instruction bâclée débouchant sur un dossier troué d’incohérences, les chroniqueurs judiciaires avaient déjà commencé de prévenir la population, évoquant la forte probabilité d’un acquittement au bénéfice du doute, quand, à l’avant-dernier jour du procès, le procureur a demandé ex abrupto à reprendre la parole. Le directeur de la maison d’arrêt venait de lui faire parvenir le cahier manuscrit qu’un maton alerté par un codétenu de Pessant avait découvert dans sa cellule, horrifié, y trouvant le récit détaillé de tous les crimes dont l’accusé avait le toupet de nier être l’auteur.

bar--143

Disparaître. Bertrand Leclair.
Éditions Farrago et Éditions Léo Scheer. 2004.
Chez l’éditeur

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s