Tendres cousines

le

Cave. Incursion dans la caisse des bouquins licencieux. Enfin, pour celui-ci, c’est beaucoup dire…

J’ouvre page 165 :

— Laissez, monsieur Julien ! J’aurais pu le faire !
— Mais non ! C’est bien trop lourd pour vous, répliquait Julien en serrant les dents.
Un peu plus loi, madame Lacroix essayait de fendre des  bûches à la hache. Mais elle s’y prenait très mal, et la cognée ne tombait jamais deux fois de suite au même endroit.
Julien lui prit la hache des mains , et en deux ou trois coups bien appuyés il séparait en deux la grosse bûche.
Au bout de quelques jours, Julien avait pris l’habitude d’accompagner les femmes aux travaux des champs et de la ferme. Il devint vite très populaire. Il aimait surtout les travaux les plus durs. Il ne restait qu’un homme et il était celui-là. Il apprit à boire le vin à la cruche, et à s’essuyer de la main l’endroit de la moustache.
Poune aurait bien voulu se rendre utile, aussi. Mais on ne la prenait pas au sérieux. Elle avait essayé de traire une vache, mais elle n’avait rien pu faire sortir du gros animal. Pas une goutte !
— Comment vous faites, vous, avait-elle finalement demandé, un peu comme on donne sa langue au chat.
— C’est le coup de main, mademoiselle, ça ne s’apprend pas.

bar--166

Tendres cousines. Pascal Lainé.
Éditions Gallimard (!). 1979.
Chez l’éditeur

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s