Poème pédagogique

le

Carton pédago, dans la cave. Une des îles de ma préadolescence.

J’ouvre page 207 :

— Mais naturellement, tous les poêles ont cet air là, tant qu’ils ne sont pas finis. Ainsi, toi par exemple…
Trois jours après, Artémi m’appela pour réceptionner l’ouvrage. Toute la colonie s’était rassemblée dans le dortoir. Artémi piétinait autour du poêle en redressant la tête. L’appareil se dressait au milieu de la pièce, faisant saillir de tous côtés ses flancs difformes… et soudain il s’effondra avec fracas, ensevelissant tout sous une avalanche de briques bondissantes, qui nous déroba les uns aux autres, mais ne put cependant couvrir l’explosion de rires, de plaintes et de glapissements qui se déchaîna à cette seconde. La chute des briques en avait contusionné beaucoup, mais personne n’était plus en état de prendre garde à son mal. On riait dans le dortoir, et, enfui de là, dans les corridors, dans la cour ; on se tordait dans des convulsions de rire. Je me dépêtrai des décombres et dans la chambre voisine je tombai sur Bouroun qui tenait Artémi au collet, le poing déjà suspendu au-dessus de sa calvitie maculée.
Artémi fut chassé, mais son nom resta pour longtemps synonyme d’un homme qui ne sait rien, vantard et « bousilleur ». On disait :
— Qu’est-ce que c’est que celui-là ?
— Un vrai Artémi, ça ne se voit donc pas ?

bar--240

Poème Pédagogique. Anton Makarenko (1934/1935). Traduit du russe par Jean Champenois.
Éditions Radouga. Moscou. Sans date.
À propos du livre et de son auteur

 

 

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