Parabole du failli

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Romans après Proust. Troisième rayon. Bibliothèque de droite, celle du bas.

J’ouvre page 48 :

Le lendemain, nous y sommes retournés et elle nous a encore donné de l’argent en disant : « Ne revenez jamais. Moi, les garçons, je n’aime rien. Et comme je vous vois là si je vous prête de l’argent avec quoi vous allez me le rendre ? » Nous n’avions nul désir de lui emprunter de l’argent. Nous n’avions rien à lui laisser comme garantie. Et nous ne nourrissions aucun projet. C’était son choix de nous donner de l’argent, dont nous avions besoin et pas besoin. Nous en avions besoin pour les choses courantes, et nous n’en avions pas besoin, nous contentant de faire avec les mêmes choses courantes, juste un peu plus. C’était un jeu. Peut-être n’avait-elle personne avec qui jouer, à part nous, et Laurette le soir, avec un nouveau paquet de cartes à chaque fois. « Ne revenez jamais, je suis une femme sans cœur. Et si les braves gens me surprenaient à pratiquer la charité, j’y laisserais ma réputation ». Nous sommes partis et revenus. Et c’était comme ça à chaque fois. Voilà comment Madame Armand est devenu notre mécène.

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Parabole du failli. Lyonel Trouillot.
Éditions Actes Sud, 2013.
Chez l’éditeur (format Epub)

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