Corrida aux Champs-Elysées

le

Polars d’avant, dans les combles, étagère B.

J’ouvre page 48 :

Je descendis avec le commissaire. Dans le vestibule, outre les représentants de la loi et Marc Covet, six personnes se tenaient, assez ahuries. D’abord, trois types en smoking. Nous apprîmes rapidement qu’ils se nommaient respectivement : Sammy Bochra, producteur de Le pain jeté aux oiseaux; Jacques Dorly, metteur en scène; Norbert, premier assistant. Celui-là, c’était mon gard du téléphone, celui qui invoquait si souvent Cambronne, alors que le silence, qu’il avait pour fonction de réclamer sur le plateau, eût été mieux indiqué. Une grande bringue accompagnait le trio. Plate de tifs, de poitrine et de chaussures, elle avait la dégaine d’une script-girl. C’en était une. Derrière ces artistes, au second plan, deux bons vieux endimanchés. Sur interpellation ultérieure, ils déclarèrent former le ménage Baldi, domestiques de Mlle Ponceau.
« Que se passe-t-il ? interrogea Jacques Dorly, une légère pointe d’inquiétude dans la voix.
— Rien de bien fameux, lâcha brutalement le commissaire. Melle Lucie Ponceau s’est suicidée. »
L’équipe cinématographique, mâles et femelle, jura avec sonorité. Des jurons néo-réalistes, qu’aucun dialoguiste soucieux de son avenir n’aurait osé employer, par crainte de la censure.

bar--267

Corrida aux Champs-Élysées. Les nouveaux mystères de Paris. Léo Malet.
Le Livre de Poche, policier, n°3597.
Le quatrième sur cette page

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s