Mort en fraude

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Une caisse très mélangée, à la cave. J’ignore tout de ce livre. Je ne sais ni ce qu’il est, ni d’où il me vient.

J’ouvre page 101 :

Anh paraissait inquiète. Horcier ironisa :
 » C’est le moment de partir… Le coin devient de moins en moins habitable. »
Anh ne répondit pas. Horcier jeta une poignée de copeaux de bambou sous la marmite de légumes. Il insista :
 » Pourquoi ne tentez-vous pas de rentrer à Saïgon ? Les combats semblent avoir cessé.
— Il est trop tard maintenant. Que j’arrive maintenant ou dans huit jours, c’est la même chose : le Chinois ne me reprendra pas.
— Vous trouverez un autre emploi. »
Elle murmura avec amertume :
 » On voit que vous ne connaissez pas Saïgon.
— Je pense qu’on doit pouvoir y travailler comme partout ailleurs.
— Pour les blancs peut-être… Mais nous… Je ne connais personne là-bas. J’avais mis six mois à trouver cette place… Six mois pendant lesquels… »
Elle se tut. Horcier l’observa un instant, puis il revint à ses légumes. Il planta une petite aiguille de bambou dans leur chair, afin de voir si elle était cuite. L’aiguille entrait facilement.

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Mort en fraude. Jean Hougron.
Le Livre de Poche. N°749, (Éditions Mondiales 1958)
On le trouve ici

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