Un de Baumugnes

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Dans la cave, avec ses semblables de la même collection.

J’ouvre page 64 :

Ça commença une nuit, beaucoup plus haut que nous, dans la vallée de l’Asse, vers Mézel, par un orage qui enflammait le ciel.
De chez nous, couché, on l’entendait, là-haut, qui écrasait la terre avec ses gros pieds. Je me levai pour barrer le volet, je le collai contre le mur et je le tenais d’une main, tout tressautant comme une aile d’oiseau. Pendant que je cherchais la fermeture, un gros éclair souffla ; je vis les nuages qui venaient de notre côté.
Le lendemain, la Durance monta sur le pré et elle était aussi, là-bas, dans le bosquet de bouleaux ; on l’entendait gratter contre les arbres. Ça venait.
Jusque-là, c’était toujours pour nous du mauvais temps sec. Je dis à Saturnin : « On va profiter de monter ces sacs de grain au grenier. » Il y en avait vingt-sept. Une fois ça à l’abri, je fais mon tour d’inspection, j’amarre la charrette sous le hangar et on est paré. Le lendemain, ça prend du côté de Niozelles après avoir tourné sur Oraison. C’était en face de nous de l’autre bord. Il faisait chaud comme devant un four. On happait, la bouche ouverte, de grands morceaux d’air brûlant qui voulaient pas passer, et ça vous donnait les trois sueurs.

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Un de Baumugnes, suivi de Les vraies richesses. Jean Giono, tome IV.
Éditions Rombaldi, Les immortels chefs-d’œuvre, 1961.
À propos de Giono

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