Ariel ou la vie de Shelley

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Un petit saut à la cave, et j’en rapporte un bout de cette interminable collection.

J’ouvre page 112 :

Eliza soulignait ces pensées si visibles.  » Votre mari trouve de l’argent pour payer les dettes de son Godwin qui le gruge et dont la femme nous reçoit mal ; il en trouve pour payer les amendes d’écrivailleurs, mais non pour habiller et coiffer sa femme. S’il juge anormal qu’une femme jeune et jolie veuille plaire, c’est un sot et un quaker. Si vous ne vous habillez pas maintenant, à dix-huit ans, quand le ferez-vous ? »
Eliza recevait volontiers un officier, le major Ryan, que les Shelley avaient rencontré en Irlande et retrouvé à Londres, et qui était d’avis, lui aussi, qu’une femme aussi délicieuse que Harriet aurait eu droit à une vie plus conforme à ses goûts véritables. Elle était prête à le croire. Pour elle, ce latin, cette philosophie, avaient été un grand effort. Elle l’avait fait sans souffrance parce qu’elle aimait et admirait son mari. Mais en revenant aux boutiques et aux commérages, elle rentrait dans sa vraie nature, comme il arrivait à Shelley chez les Newton. Le plaisir spontané et vif qu’elle y trouvait contrastait avec l’application un peu douloureuse qu’elle avait apporté à ses « leçons ».

Ariel ou la vie de Shelley. André Maurois.
Éditions Rombaldi, Les immortels chefs d’œuvre. 1965
Ici, à la découpe

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