Carnets cubains

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Romans après Proust, bibliothèque de droite – ce petit livre offert par le réseau de libraires Initiales.

J’ouvre page 42 :

Ce petit jeu niais dure pendant tout le voyage – deux heures tout de même – et je me surprends à pourvoir être d’une connerie sans limite. Mon adversaire me rend bien la pareille. Donnez-nous des couteaux et nous saignons comme des cochons. Par le hublo, on aperçoit des nuages en dessous de l’appareil, des nuages au-dessus de l’appareil, des champs parfois, des forêts, de faibles montagnes, quelques villages. Rien de bien passionnant. Mon voisin tente de prendre des notes tout en observant la photocopie d’une antique carte marine, et en jetant un œil sur d’autres photocopies : les chapitres du journal de bord de Christophe Colomb relatant sa découverte d’une terre qu’on n’appelait pas encore Cuba. Je comprends donc que l’anglais et son épouse vont partir sur les traces de Colomb et refaire le périple, point par point, avec un souci d’exactitude, si j’en juge par ses notes et ses relevés, qui le placent sans doute possible dans la caste des universitaires sans génie – mais y en a-t-il avec génie ? -, ceux-là même qui sont capables de consacrer leur vie , et ainsi sacrifier celle de leurs proches, à la recherche d’éléments qui n’intéresseront jamais personne en dehors d’eux-mêmes.

Carnets cubains. Philippe Claudel.
Initiales, 2002.
Chance ! Il est en ligne.

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