Communications n°8

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Bibliothèque de gauche, partie droite du rayon linguistique, au milieu.

J’ouvre page 81 :

James Bond : une combinatoire narrative

Dans Diamonds Are Forever, le Méchant se scinde en trois figures de substitution. Il y a d’abord Jack et Seraffimo Spang, dont le premier est bossu et a des cheveux roux (Bond… « ne se rappelait pas avoir jamais vu un bossu aux cheveux roux »), des yeux qu’il semble avoir empruntés à un empailleur, des oreilles aux lobes disproportionnés, des lèvres rouges et sèches, une absence presque totale de cou. Seraffimo a un visage couleur d’ivoire, des sourcils noirs et froncés, des cheveux hirsutes coiffés en brosse, des mâchoires « proéminentes et impitoyables ». Si l’on ajoute que Seraffimo est habituellement vêtu de pantalons de peau noir bordés d’argent, qu’il porte des éperons d’argent, un pistolet à manche d’ivoire, une ceinture noire à munitions et qu’il conduit un train modèle 1870 avec un équipement d’époque victorienne pour technicolor, le tableau est complet. La troisième figure de substitution est celle du sieur Winter qui voyage avec un porte-document de cuir qui porte sur la languette de fermeture : « Mon groupe sanguin est F », et qui, en réalité, est un tueur à la solde des Spang. C’est un individu gros et suant, avec une verrue sur la main, un visage flasque, des yeux exorbités.

(Umberto Eco)

Communications. N° 8
Éditions du Seuil, 1966.
Une petite recension d’époque.

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