Cyrano de Bergerac

le

Bibliothèque de droite, avec les romans après Proust – mais chacun sait que c’est du théâtre.

J’ouvre page 64 :

Cyrano

Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances.
Je ne m’attife pas ainsi qu’un freluquet,
Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet ;
Je ne sortirais pas avec, par négligence,
Un affront pas très bien lavé, la conscience
Jaune encore de sommeil dans le coin de son œil,
Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil.
Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,
Empanaché d’indépendance et de franchise ;
Ce n’est pas une taille avantageuse, c’est
Mon âme que je cambre ainsi qu’en un corset,
Et tout couvert d’exploits qu’en rubans je m’attache,
Retroussant mon esprit ainsi qu’une moustache,
Je fais, en traversant les groupes et le sronds,
Sonner les vérités comme des éperons.

Le vicomte

Mais, monsieur…

Cyrano

Je n’ai pas de gants ? … la belle affaire !
Il m’en restait un seul… d’une très vieille paire !
— Lequel m’était d’ailleurs fort importun :
Je l’ai laissé dans la figure de quelqu’un.

Cyrano de Bergerac, comédie héroïque en cinq actes en vers. Edmond Rostand.
Le Livre de Poche n° 873, 1972.
Les cinq actes, avec Daniel Sorano, le plus Cyrano des acteurs.

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